François Lefebvre
(1946-2010)


Photo François


En Espagne, sur le chemin de Compostelle,
en septembre 2010, à l'âge de 63 ans et 11 mois,
est décédé monsieur François Lefebvre,
époux de madame Nicole Grondin,
fils de feue Marie-Jeanne Héon et feu Marcel Lefebvre.

Lignée

 9 - MARIE-JEANNE HÉON
       Marie-Jeanne Héon
 8 - CONRAD
        Conrad Héon
 7 - HONORÉ
        Honoré Héon     Honoré (Jeune)
 6 - CLÉOPHAS
         Cléophas Héon
 5 -
CHARLES
 4 - LOUIS-CHARLES
 3 - CHARLES
 2 - CHARLES
 1 - ROBERT

Funérailles

Les funérailles ont eu lieu le samedi 25 septembre 2010 à 13 h en l'église Saint-André.

Inhumation

L'inhumation a eu lieu au cimetière Saint-Michel de Shawinigan-Sud.

Le vendredi 16 novembre 2001
 
12: le cossu et le rural

MARTIN FRANCOEUR
Le Nouvelliste
Shawinigan-Sud

François et Nicole
Le Nouvelliste, Sylvain Mayer

 
François Lefebvre et son épouse, Nicole, habitent dans le rang Saint-Michel, pas très loin de l'endroit où ils ont grandi, tous les deux. Le rang Saint-Michel, comme le rang Saint-Pierre, est peut-être un des secrets les mieux gardés de Shawinigan-Sud et
de la nouvelle ville... Un petit coin de paradis, à deux pas de la ville.

De la fenêtre de leur salle à manger, François et Nicole Lefebvre ne se lassent pas de voir les couchers de soleil sur les Laurentides, au-delà de la rivière Saint-Maurice. Ils habitent dans un rang, assez loin des bruits de la ville et assez près de la nature, la vraie.

Pourtant, le couple habite Shawinigan-Sud, dans ce qui est peut-être un des secrets les mieux gardés de la ville. Le rang Saint-Michel, c'est un décor bucolique, un milieu tissé serré, un lieu qui respire l'histoire. Au bout de ce rang s'en trouve un autre, le rang Saint-Pierre. Encore un bel exemple de campagne en pleine ville.

Les rangs Saint-Michel et Saint-Pierre se trouvent aujourd'hui dans le district no 12 de la nouvelle ville de Shawinigan. Ils en sont peut-être la quintessence. Le district 12, c'est la porte d'entrée méridionale de la nouvelle ville, collée sur les limites de Notre-Dame-du-Mont-Carmel. La route 157 traverse le district, qui s'étend jusqu'à la 117e Rue, à l'ouest de la 5e Avenue.

C'est donc dans cette portion de la nouvelle ville qu'on retrouve le centre fiscal, l'usine Laurentide, le parc industriel de Shawinigan-Sud. C'est aussi dans ce district, qui compte 3601 électeurs, qu'on retrouve un des taux de chômage les plus bas de la nouvelle ville, avec 10,2 pour cent. Le revenu moyen des familles y est aussi parmi les plus élevés et c'est dans ce secteur qu'on trouve le plus fort pourcentage de propriétaires si on exclut les secteurs de Saint-Jean-des-Piles et de Saint-Gérard-des-Laurentides.

Les Lefebvre sont revenus dans le rang Saint-Michel en 1975, en achetant une terre du rang Saint-Michel ayant appartenu à Hervé Desaulniers, dont la famille était une des premières à être arrivées dans le secteur. La maison qu'ils ont construite respire l'histoire. Le pin décoratif et le bois de charpente viennent de la terre à bois située à l'extrémité de leur terrain.

Ils connaissent bien ce coin où ils ont choisi de revenir. François est né dans la paroisse Sainte-Jeanne-d'Arc, à Shawinigan-Sud, puis arrivé dans le rang Saint-Michel à l'âge de sept ans, sur la terre du grand-père Conrad Héon. Il est issu d'une famille de neuf enfants. Nicole, une "Grondin du haut de la côte", est née dans le rang. Elle avait dix frères et soeurs. François Lefebvre et Nicole Grondin sont allés à la petite école ensemble. Ils sont aujourd'hui mariés depuis trente et un ans et trois filles sont nées de cette union.

Entre leur jeunesse dans le rang et les jours qu'ils y passent aujourd'hui, il y a un monde. Même s'ils y retrouvent cette nature qu'ils ont toujours appréciée, ils sont conscients des changements survenus. "Tout était très différent à cette époque-là. Ça ne se décrit quasiment plus. Il y avait une ferme pour chaque maison, les familles comptaient une dizaine ou une douzaine d'enfants. Tout le monde s'aidait. Il y avait même des corvées. Nous, les enfants, on s'engageait pour aider les cultivateurs du coin pour le battage, l'ensilage et les foins", se rappelle François Lefebvre.

Selon lui, le rang Saint-Pierre et le rang Saint-Michel constituaient deux mondes complètement différents, malgré leur apparente similitude sur le plan naturel ou géographique. "Les mentalités étaient différentes. C'étaient deux clans. Ça s'est mêlé par les mariages", explique M. Lefebvre. Les gens du rang Saint-Pierre avaient une réalité que n'avaient pas, dans la même mesure, les gens du Saint-Michel et c'est la proximité de la rivière Saint-Maurice. "Nous, on se contentait d'aller à la pêche à l'occasion", se souvient-il.

Le rang Saint-Michel, à l'époque, était aussi désigné comme étant le "rang des Hébert", en raison de la présence marquée de la famille de ce nom, et plus particulièrement du ramancheur Clovis Hébert. Une rue du district porte d'ailleurs son nom aujourd'hui. "Clovis Hébert était connu à la grandeur de la province. Il faisait de l'onguent. Sa maison avait l'air d'un petit hôpital. C'était un guérisseur", résume Mme Lefebvre. Plus loin dans le rang, il y avait la maison du fils, que l'on appelait "Clovis ti-gars", celle de Gédéon, celle de Joseph-Henri. Tous des Hébert.

Aujourd'hui, bien que les rangs aient conservé leur cachet campagnard, on n'y retrouve que très peu d'exploitations agricoles majeurs. Selon les Lefebvre, il n'en reste que deux, auxquelles s'ajoutent quatre productions maraîchères. "Ici, les terres sont très bonnes. La fourchette de cultures est très large; ça convient très bien pour les céréales aussi bien que pour les légumes. Les autres secteurs sont plus sablonneux", explique François Lefebvre.

Encore aujourd'hui, le rang Saint-Michel présente certaines caractéristiques propres au milieu rural. Les résidants sont reliés à un réseau d'aqueduc privé, ont des fosses septiques. Le secteur a échappé aux grands travaux d'infrastructures lancés par le maire Bruno Sigmen en 1963...

Quoi qu'il en soit, les Lefebvre ont été témoins du développement de Shawinigan-Sud. "Le quartier où on habite aujourd'hui a toujours subi une forte pression résidentielle", remarque M. Lefebvre. Et il sait de quoi il parle. Lui et quelques complices ont été au coeur du combat des résidants des rangs pour la protection des terres agricoles. Pendant ce temps, des projets de développement étaient sur la table.

Plusieurs se souviendront notamment du débat entourant l'aménagement d'une voie d'accès conduisant à l'autoroute 55. La voie en question aurait passé au trécarré des terres du rang Saint-Michel et du rang Saint-Mathieu. Et les Lefebvre s'y sont farouchement opposés, afin de préserver la tranquillité du coin.

"On a eu connaissance du développement résidentiel. En voulant protéger le territoire agricole, on a en quelque sorte donné le ton au développement résidentiel", remarque M. Lefebvre. Aujourd'hui, les Jardins Saint-Michel ont pris forme sur la terre d'Elzéar Lord. Le Secteur Drolet se développe à l'endroit même où se trouvait, il y a plusieurs années, une piste de courses de chevaux. Le Domaine Wellie Robitaille est un autre exemple de développement résidentiel sur une ancienne terre agricole.

Le district no 12, c'est aussi la forte présence industrielle à Shawinigan-Sud. Le parc industriel, établi à l'entrée de ce qu'on appelle encore le "cordon Saint-Michel". Le "cordon", c'est en quelque sorte le prolongement du rang vers des terres à bois qui appartenaient pour la plupart aux agriculteurs du rang. Signe des temps, le "cordon Saint-Michel" s'appelle aujourd'hui "boulevard Industriel"...

Si on retrouve dans le parc industriel plusieurs entreprises importantes, c'est toutefois le long de la 157 - l'ancienne route 19, que l'on désigne aujourd'hui comme étant la 12e Avenue - que l'on retrouve les signes les plus perceptibles du développement de ce secteur de Shawinigan-Sud. L'usine Laurentide est un de ceux-là.

Évidemment, le fleuron de Shawinigan-Sud demeure le centre fiscal, situé à l'entrée de la ville. Construit dans les années 1970, il fournit du travail à plusieurs centaines de personnes. On est loin des quelques emplois que procurait le moulin à scie d'Albert Pelletier, dans le rang Saint-Pierre, cent ans avant la construction de l'imposant édifice fédéral...

Commentaire de Fernande Héon-Lasalle: 

Sa famille a habité aussi à deux pas de chez moi, d'ailleurs sa soeur Cécile étions de bonnes amies à l'époque de notre jeunesse.  Hervé Desaulniers était mon oncle il était marié avec Joséphine Pruneau elle était la soeur de maman.

La petite école du rang dont parle François était à droite juste au pied de la côte.   Je me rappelle aussi l'onguent de Clovis Hébert papa l'appelait le ramencheux.

Le cordon St-Michel papa avait une terre à bois et quand je partais avec lui pour la journée, maman nous préparait lunch.  Et à la période des foins chez l'oncle Conrad je m'endormais sur la charge  de fois durant le retour.

Oh!  Que de merveilleux souvenirs.